LE SYLPHE OU L'AMI DES PLAISIRS
propos
générique
extrait
presse
Nous frémîmes en entrant, c’était un sanctuaire et c’était celui de l’Amour, il s’empara de nous. Nos genoux fléchirent, il ne nous resta de force que celle que nous donne ce dieu.

Nos bras défaillants s’enlacent mutuellement, et nous allons tomber sans le moindre projet, sur un canapé qui occupait une partie du temple. La lune se couchait et le dernier de ses rayons emporta le voile d’une pudeur qui, je crois devenait importune. Tout se confondait dans ces ténèbres, des mains plus impatientes que jamais, erraient tantôt sur mes deux paumes charmantes tantôt sur mes cuisses d’albâtre et tantôt sur le centre de tous les plaisirs.

Je ne m’en laissais pas compter. Je touchais tout aussi, je pillais, je voulais tout dévorer, alors, il redouble d’audace et d’ardeur et entre hardiment au fond du sanctuaire. Ah fripon! Je lui dis, prononcé en deux temps, mais de cette voix mourante du plaisir qui renaît, nos langues s’unissent, se croisent, se collent l’une à l’autre, nous nous suçons mutuellement, nos âmes se confondent, se multiplient à chacun de nos baisers, nous tombons enfin dans ce délicieux anéantissement auquel on ne peut rien comparer que lui-même.