YES PEUT-ETRE
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LE JOURNAL DES FLANDRES OCTOBRE 2009

Un désastre nucléaire au bord de la mer...
Le texte pur et dur de Duras, l'auteur le plus classique que Brigitte Mounier ait monté jusqu'à présent! Elle nous apprend que la petite Marguerite a un lien ténu avec Dunkerque : sa maman y fut institutriceau début du XXème siècle avant de partir à Saïgon.

Langage déconstruit, malmené, phrases décousues prononcées sur un mode ludique, presue enfantin. Yes¨peut-être a été écrite en 1968 mais, très moderne pour l'époque, la pièce est contemporaine. "Assez opaque, obscure, elle demande à être mise en lumière."La nouvelle création de la Compagnie des Mers du Nord raconte un désastre nucléaire survenu au bord de mer. Tiens donc! "Lorsqu'on vit entourée de 14 sites Seveso et de la plus grosse centrale nucléaire d'Europe, forcément, lire ce texte de Duras, ça résonne fort" note Brigitte Mounier, metteur en scène, qui donne ici forme à un "cauchemar silencieux"


LA VOIX DU NORD - OCTOBRE 2009
Le texte de Marguerite Duras, écrit en 1968, est difficile à aborder. Le leitmotiv de la metteuse en scène Brigitte Mounier est justement de "le faire passer pour un public populaire". D'où "un langage visuel très fort et concret, qui met la situation en lumière et éclaire la signification des dialogues".

Le littotal de la mer du Nord n'est pas épargné par les risques évoqués dans Yes-peut-être. Une bonne raison d'y réfléchir.


WEB CULTURE NORD
Yes, peut-être” : Duras au présent
yes-peut-etre-repetition-2Une fiction post nucléaire, quand on vit et
créé dans une agglomération dunkerquoise sous les feux de 14 sites
Seveso, cela fait forcément résonance. Brigitte Mounier (compagnie
des mers du Nord) met aujourd’hui en scène Yes, peut-être, un texte
méconnu de Marguerite Duras. Pour la beauté de la langue mais pas
seulement…
Elle dit « Marguerite », comme si elle parlait d’une vieille copine.
Une histoire de compagnonnage, sans aucun doute. « J’adore Duras »
avoue simplement Brigitte Mounier. Voici quinze ans que (entre autres
œuvres explorées) la metteur en scène de la compagnie des Mers du
Nord a fait une première lecture de Yes, peut-être, texte méconnu,
voire ignoré, de Marguerite Duras. « Depuis, j’ai toujours eu envie
de le monter ». D’abord et avant tout pour la beauté du verbe, si
décriée : « elle réinvente la langue, la triture, elle très libre
dans l’écriture ». Pour son impact théâtral, ensuite, scène de bien
des engagements chez une femme résistante, militante (même si virée
du PC pour « conduite dévergondée »), revendiquant la liberté et la
paix.
Aujourd’hui, le temps est venu de la création : « Yes, peut-être
résonne comme une réponse à un certain Yes, we can » souligne
Brigitte Mounier. Le texte date de 1968. Une histoire de cataclysme,
de civilisation anéantie, de reconstruction, écrite après Hiroshima,
après les camps. Sur le littoral dunkerquois, quarante ans plus tard,
il fait écho. D’abord parce que « Marguerite parle du sable, du vent,
ce qu’elle décrit, c’est ici » constate Brigitte Mounier.
Dans un pays dévasté par une catastrophe nucléaire, une femme survit,
mémoire perdue. Survient alors, d’on ne sait quel univers, une jeune
créature : ensemble, par bribes de mots (la langue se réinvente bel
et bien), d’images, de musique, les deux femmes vont tenter de
reconstruire et la mémoire, et l’histoire, voire un avenir. Un
troisième personnage apparaît, un homme, résidu de guerrier, fantôme
renvoyé dans ce théâtre d’après catastrophe pour repeupler la terre.
« Si tu le veux, je te le donne » dit la vieille rescapée à la jeune
créature.
En filigrane de cette fiction post nucléaire, de ce cauchemar
collectif, « la faculté des hommes à se détruire eux-mêmes »,
souligne Brigitte Mounier. Et l’on ne peut s’empêcher de penser à
Mardyck, village entouré d’industries à hauts risques, village en
sursis. « Ils veulent même construire un 15ème site industriel
Seveso, c’est délirant. A l’heure d’aujourd’hui, alors qu’il faut
aller vers d’autres modes de fonctionnement, d’autres modes de vie,
d’autres comportements, c’est démentiel ». Sûr que la création du
spectacle tombe, ici, à point nommé. « Mais le pied de nez, ce n’est
pas moi qui le fait ! Ici, l’industrialisation continue, je n’arrive
pas à comprendre » tempête la metteur en scène.
Pour autant, Brigitte Mounier ne revendique pas, pour elle, un acte
militant. « C’est le théâtre qui est un acte militant en lui-même,
qui revendique idées, poésie. Revendiquer l’inutile EST un acte
militant » [...]